CA C’EST PASSE AU BUS :
CAMELIA JORDANA et SEVERIN
PIERRE GUIMARD
ROCK YOU
Au programme :
SEVERIN
Aux travailleurs, aux trop-occupés ou aux aquaphobiques qui n’auraient pas eu le luxe cette année de « passer un été andalou à se la couler dans la piscine » – ce sont ses mots et ils seront bientôt scotchés dans vos têtes-, Séverin proposera cet hiver, une séance de rattrapage avec son premier album. A trente ans, le jeune homme a déjà brillamment rempli les paragraphes de son Curriculum Vitae. On se souvient de deux albums de pop tubesque, composés par le duo One-Two que le jeune homme forma un temps avec son acolyte Lafayette. L’an passé, on retrouvait Séverin en épatant chef d’orchestre, et en homme qui aimait les femmes, sur Cheesecake, un recueil de duos composés par le musicien et partagés avec quatorze chanteuses de charme (La Fiancée, Mai, Constance Verluca…). Quant à 2010, elle fut l’occasion pour le Français de signer la bande-son de Commander Clark, un dessin animé « dans l’espace » et de prêter ses talents de compositeur et réalisateur sur trois morceaux du premier album de Camélia Jordana.
Suite logique de ces projets conjugués au pluriel, le Parisien a décidé de tomber le masque : Séverin publie cet automne L’Amour Triangulaire, un premier album solo, et sous son nom. « J’ai été en couple pendant longtemps et puis je me suis retrouvé seul. J’avais beaucoup de temps à tuer et j’ai commencé à écrire mes propres chansons. » Des chansons que le jeune homme, décidé à évoquer son expérience et ne plus se dissimuler derrière le bouclier de l’Anglais, a voulues dans sa langue. « En travaillant avec Liza Manili ou Constance Verluca, j’ai compris que j’étais capable d’écrire en français. Dans l’écriture, j’aime Souchon, Renaud, Prévert, la poésie des mots simples. » Une décision courageuse pour un jeune homme venu à la musique via un groupe de rock indé, et qui officiait jusqu’alors dans un milieu où les références pointues sont légion. « En grandissant, j’ai compris que j’avais plein de barrières dans la tête. J’ai eu un gros moment de déprime qui m’a permis de tout remettre à plat, de balancer les certitudes. » Une autre révélation est venue de la découverte de la scène punk-new wave française de la fin des années 70 (Taxi Girl, Jacno, Edith Nylon). « Tous ces groupes ont permis d’assumer le chant en Français. Mais je suis arrivé au rock tardivement, j’écoutais beaucoup de jazz avant. »
Du chemin, Séverin en a fait, une véritable transat en solitaire, pour arriver jusqu’à L’Amour Triangulaire. Elevé à Paris dans une famille d’intellectuels (mère journaliste, père économiste), le jeune homme, qui avoue lui-même qu’il était « plutôt destiné à faire une école de commerce », a finalement préféré la culture aux théories, l’émotion au raisonnement : à mille lieues des cours d’économie, c’est l’option cinéma que cet amoureux de la Nouvelle Vague a choisi pour ses études. Un intérêt pour le septième art venu s’ajouter à celui qu’il porte à la musique depuis l’enfance : clarinette et chorale dès l’école primaire, guitare à onze ans- Séverin joue aujourd’hui de tous les instruments.
Derrière l’esthétique rigolarde qu’on a pu déceler dans ses projets passés, Séverin est un jeune homme humble, qui compose des chansons comme on remplit les pages d’un journal intime. « Je ne suis jamais le type qui arrive à une soirée et qui prend la guitare dans le salon pour chanter la totale de Dylan. » Une discrétion d’autant plus touchante que le musicien signe le plus excitant album de chansons pop entendu en France depuis belle lurette. Enregistré au studio ICP à Bruxelles avec Julien Delfaud (Phoenix, Herman Dune, Revolver…) au poste de co-réalisateur, L’Amour Triangulaire est un disque sensuel et aérien à la fois, qui raconte l’amour en fuite et la vie de merde, et qui, s’il faut placer le musicien sur la cartographie de la pop, situe Séverin quelque part entre Daho, Philippe Katerine et Jonathan Richman, tout en apportant au paysage français une alternative inédite et rafraîchissante.
Parvenant à concilier poésie sobre (En Noir et Blanc) et hymnes discopop (Caresses Automatiques), songwriting classique et légèreté pop, Séverin agence ainsi la bande-son, fraîche et sexy, des ruptures amoureuses. Et relate chacun de ses inévitables épisodes avec classe : les souvenirs qui s’effacent (Identité), les remèdes (la ballade dénudée et poignante Mini Bar- « comme un défi pour moi, raconter des choses, seul avec ma guitare, sans aucun artifice »), la résignation (Pendu à la Pendule, bientôt dans toutes les têtes), la vraie lose (le refrain accroche-cœur de 3 mois sous terre) ou le retour des coquineries (L’été Andalou, délicieux générique des siestes crapuleuses). « J’ai voulu un mélange de sons synthétiques et de chaleur. Je voulais confronter des synthés à un marimba, un son de guitare très froid à une basse chaude au médiator. C’est une esthétique que j’ai voulu suivre comme une charte. » Défi brillamment relevé sur cet album sensible et charmeur, qui s’achève sur Le Dernier Tube, chanson pirouette annonçant les adieux du musicien à la scène : prions pour que ce soit un gros mensonge.
Myspace : http://www.myspace.com/iciseverin
PIERRE GUIMARD
Une première vie sur la route en tant que musicien, tenant la basse ou la guitare dans des backing band pour différents artistes français. Une véritable expérience scénique lui donne envie de présenter ses propres chansons et de passer De l’autre côté, titre d’un premier album remarqué paru en 2006. Ce disque chanté en français voyage musicalement entre les USA et l’Angleterre puisqu’il sera coréalisé par le songwriter Ben Kweller et produit en partie par les britanniques Bacon & Quarmby (Finley Quaye)
On y trouve une poignée de pop songs imparables parmi lesquelles le tube Stéphanie, qui lui vaut une nomination aux Victoires de la musique en 2007. Ensuite, c’est de nouveau la route qui attend Pierre, celle des concerts et des festivals, soit en première partie d’artistes tels Keren Ann ou Raphaël, soit seul en scène avec son groupe dans des sets à la fois intimistes et rock, où Pierre se partage entre le piano et la guitare pour retranscrire en live la palette d’émotions et la puissance mélodique de ses chansons.
Les beaux souvenirs ne meurent jamais.
Fort de son premier album, Pierre Guimard revient aujourd’hui avec un deuxième disque : Les beaux souvenirs ne meurent jamais. Au départ, son désir fut de poursuivre son travail avec Ben Kweller et d’enregistrer à New York, dans le mythique studio Sear Sound (John Lennon, Bob Dylan, David Bowie, Death cab for cutie). En retour, il serait prêt à toutes les exigences.
Ainsi ces petites chansons écrites par Pierre à la maison, dans son studio de Pigalle, de manière artisanale, prennent soudain le grand air et traversent l’atlantique. L’entente avec Ben Kweller repose sur une amitié authentique et chacun travaille maintenant sur le disque avec l’expérience du premier : « Ben m’a apporté son enthousiasme créatif, raconte Pierre, ainsi que son groupe : Trio on the train track. J’ai laissé jouer les musiciens pour ne pas refaire les mêmes choses que sur les maquettes. Comme j’avais envie d’un tournant plus folk américain, Ben et son groupe étaient dans leur élément. »
Durant l’écriture, Pierre se passionne pour le travail d’un autre songwriter : Gram Parsons, au point de faire appel au légendaire Glen D. Hardin, pianiste de Parsons et d’Elvis Presley, qui joue sur la chanson : Pas du tout mon amour.
Parmi les influences musicales, il faudrait encore parler de Bob Dylan ou Neil Young dans cette manière de faire des chansons sur le pouce, dont l’écriture semble à la fois épique et naturelle.
D’ailleurs, cette Amérique rêvée ne s’inscrit pas seulement en musique mais se développe dans les thèmes abordés, comme la chanson Sur la ligne, qui narre l’aventure des hobos, ces jeunes gens qui traversaient le pays clandestinement, en attrapant des trains d’Ouest en Est. Jusque dans Le rêve américain, où l’inventaire à la Prévert de ce qu’ évoque les U.S.A. est traité avec une douce ironie, pour montrer que le rêve n’est jamais loin, mais qu’en même temps il reste un idéal impalpable et fuyant quand on l’attache aux sentiments.
Les chansons sont des souvenirs sur le pouce.
Les beaux souvenirs ne meurent jamais est un disque vibrant et apaisé, où chaque chanson recèle son propre climat, raconte sa petite histoire tout de suite identifiable : Deux sous la pluie, La maison, Sur le fil, et où chaque texte réussit cependant à s’inscrire dans l’impulsion donnée à l’album.
A travers les textes, Pierre s’affine et s’affirme. Un engagement mâture comme dans cette chanson d’amour frontale : Je m’arrête à toi, où il s’adresse à une jeune femme en déclarant qu’il a décidé de construire sa vie à partir d’elle. Du romantisme nu. Sans détours.
Dans sa recherche d’harmonie parfaite entre ses musiques et ses textes, Pierre Guimard s’entoure d’auteurs qui ont le sens de la narration tels la chanteuse Rose ou Hubert Mounier de L’affaire Louis Trio, et continue son écriture à quatre mains avec Jérôme Attal, avec lequel il signe une grande partie des textes de l’album. Ce dernier lui fait La vie difficile, chanson urbaine et poétique à la Lou Reed, taillée pour Pierre comme un diamant.
Dans le single : Les beaux souvenirs ne meurent jamais, hymne pop et jubilatoire à la Kinks, la musique s’envole et se déchaîne pour prendre le contrepied de la noirceur du texte. Un titre puissant, incisif et entêtant. Petite bombe prête à passer d’ondes en oreilles.
Au final, Pierre offre un disque d’allers-retours incessants entre ce qu’il est et ce qu’il aime, ce qu’il crée et ce qui le compose.
Ecrit à Paris, enregistré à New York et mixé en France (par Antoine Gaillet et Pierrick Devin), ce nouvel album est un disque qui a du coeur et du souffle, se souvient de ses maîtres et de ses influences, et qui fort de vibrants souvenirs avance et trace son chemin personnel. Une trajectoire inspirée, originale et franche. Une vision amoureuse, métaphorique et intime, faite de rencontres, de voyages et des beaux souvenirs que laisse ou évoque une vie dédiée à la musique. Puisque, comme l’écrivait Charles Baudelaire : « Que l’univers est vaste à la clarté des lampes, aux yeux du souvenir que le monde est petit ».
Myspace : http://www.myspace.com/guimard
LITTLE
Plébiscitée à l’âge de 20 ans sur la Toile puis sur les scènes parisiennes, Little – pour ses 1m58 et son univers post adolescent – sort son premier album en mai 2008 chez Source / Emi. Véritable enfant de la pop culture (des séries Gossip Girl aux tubes FM acidulés), la jeune demoiselle cultive les contradictions. Quand une oreille est vissée sur NRJ, l’autre se concentre devant un documentaire d’Arte ; quand l’univers visuel de son blog rappelle son goût pour la sophistication et ses études de graphiste, ses prises de position et ses textes évoquent facilement une propension pour les choses simples, tantôt naïves, tantôt crues, mais toujours émouvantes. Des petits riens du quotidien, des histoires de filles, mais pas que : le miroir d’une génération ?
Myspace : http://www.myspace.com/littlemusic
Rock You, c’est quoi?
Tous les vendredis, ROCK YOU nous invite au déhanché en format concert pour la première partie de soirée avant de basculer en mode clubbing.
INFOS PRATIQUES :
Entrée gratuite ( la direction se réserve le droit d’entrée)
Conso à moitié prix jusqu’à minuit
22h30/ 0h30 : Live
0h30/6h : Le club et sa programmation à forte tendance rock.
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Ouvert 7/7 - de 20H à 4 h du matin.