UN LIEU DEVENU MYTHIQUE

Tandis que Régine, Castel et Bilboquet s’érigent en clubs privés, jeunes de tout poil et artistes se retrouvent au Bus Palladium. Salvador Dali donnera ses premières lettres de noblesses à l’établissement encore à l’état brut. Le peintre et une vingtaine de ses amis débarquent un soir au Bus Palladium parmi les nombreux beatniks qui fréquentent l’établissement. Une grande bouteille de Vittel avec plusieurs verres, telle est l’exigence de l’artiste. Photographes et journalistes relatent copieusement l’évènement, Dali fait l’apologie du Bus et l’histoire démarre.

Les musiciens se succèdent dans cette boite dénuée de toute décoration. Johnny Hallyday, Eddy Mitchell et les Chaussettes Noires, Julien Clerc, …. y font leurs premières armes sur scène, Mick Jagger y fête son anniversaire, Stone y rencontra même Charden. Le tout Paris se bouscule pour aller au Bus.

Ce haut lieu des soirées parisiennes est aussi un lieu d’inspiration. «C’est au Bus Palladium, qu’ça s’écoute… rue Fontaine… il y a foule, pour les petits gars de Li-ver-pool… » chantait Gainsbourg en 1966. « Un Palladium en bus » chantait Delpech dans Inventaire 66. Des titres à retrouver sur notre radio Retro Bus.

LA NAISSANCE DU BUS

C’est James Arch qui créa le Bus Palladium à partir d’une constatation simple : dans les années 60, pour un jeune de banlieue, sortir le soir à Paris pour danser était très difficile à cause des transports quasi inexistants et des sélections drastiques à l’entrée des clubs.

James entreprit alors de mettre en place un système de bus, pour seulement 2 francs, ramassant les fêtards à divers points de rendez-vous. Dans sa lancée, il décide de créer sa boîte et loue « l’Ange Rouge ». Son idée, créer un lieu pas trop select sans dress code pour faire danser les jeunes, tous les jeunes, sur de la musique live.

James Arch, 22 ans ambitieux et motivé, organise sa première soirée. Il se lance seul dans la promotion et distribue des flyers devant les cinémas, profitant de la foule de personne attendant pour aller voir le film « Help » des Beatles. Quelques interviews radios finissent de booster l’évènement.

Long Chris, Johnny, Hervé Villard, les Jets, tous amis de James, sont les premiers artistes à jouer au Bus Palladium. C’est ainsi que le 30 septembre 1965 naît le Bus Palladium. Le Palladium existe déjà à Londres mais James Arch affectionne ce nom et profite d’un article de presse de Jacques Chancel intitulé « Des bus pour le Palladium » pour donner le nom définitif à ce lieu qui allait bientôt devenir mythique.

LES BUS D’ACIER

Le Bus Palladium parvint pendant des années à rester l’un des diapasons des nocturnes parisiennes en suivant les évolutions musicales et nouvelles tendances.

Vague rock oblige, la cérémonie des Bus d’Acier fût créée en 1981. Appelée à ses débuts « Grand Prix du Bus Palladium », cette cérémonie récompensait le meilleur groupe, chanteur ou chanteuse de rock français de l’année. Le jury était composé de critiques rock de la presse écrite, parlée et télévisée. Ce prix avait un retentissement considérable dans les médias, il était un peu le prix Goncourt du rock.

Les lauréats furent :

1981 : Alain Bashung • 1982 : CharlElie Couture • 1983 : Indochine • 1984 : Lizzy Mercier Descloux • 1985 : Etienne Daho • 1986 : Stephan Eicher • 1987 : Carte de Séjour • 1988 : Béruriers Noirs • 1989 : Noir Désir • 1990 : La Mano Negra et Bus d’acier de la décennie pour les Rita Mitsouko • 1991 : Paul Personne • 1992 : Les Innocents • 1993 : FFF

Autant de primés qui ont tous eu de longues carrières derrière eux. En 88, les Béruriers Noirs se payèrent même le luxe de boycotter la cérémonie et de refuser leur prix.

LE BUS PALLADIUM AUJOURD’HUI

LE BUS PALLADIUM DEVIENT BIEN PLUS QU’UN CLUB ROCK, c’est une maison de l’incroyable où chaque pièce est unique par sa décoration et son atmosphère. Un véritable lieu de vie au coeur du Paris-Pigalle  peu importe l’heure, peu importe le jour.

AU REZ-DE-CHAUSSÉE :
UN CLUB ROCK’N ROLL vintage au son incroyable, ouvert 5 jours sur 7 aux lives et aux soirées.

AU 1ER ÉTAGE :
UN RESTAURANT MADE IN USA ouvert toute la nuit pour les petits creux et grands repas. On recommande les viandes argentines, les nachos au cheddar fondu ou encore le bol de sucrines pour celles et ceux qui surveillent leur ligne… Une deuxième scène pour les lives, piano et guitares accrochées aux murs sont à votre disposition avec un coin jeux de backgammon ou encore d’échecs et même un karaoké pour ceux prêts à se prendre pour Mick Jagger !

AUX 2E ET 3E ÉTAGES :
UN SALON PRIVÉ façon appartements pour cocooner, se détendre, refaire le monde sur un coin de canapé…
CÔTÉ LOOK : classique ou original, tout est permis ! C’est plutôt une question de philosophie ! Ici, la place est faite au rock sous toutes ses formes .